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Docteur en Droit - Université Panthéon-Assas

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Le monopole contesté de l’ICANN

Mots-clefs : Noms de domaine |

par Oswald Seidowsky, le samedi 3 novembre 2001

Avant d’envisager cette question, il convient, à titre liminaire, de revenir sur le mode de création et de fonctionnement des noms de domaine sur l’Internet.

Techniquement, un nom de domaine correspond à la zone d’adressage de paquets de données. Pour faciliter la localisation de cette zone, les fondateurs de l’internet ont imaginé un système permettant d’utiliser des noms intelligibles par l’homme, car composés de caractères alphanumériques. Ce système est le " Domain name System " ou " DNS " permettant d’associer à chaque nom de domaine une adresse IP chiffrée. Les extensions de nom de domaine permettent de multiplier le nombre de termes, à la vérité, il ne s’agit que de répertoires qui sont créés à partir de la racine initiale.

Ainsi, grâce à ce système, l’organisation globale de l’internet, a pu être pensée dans la logique d’une immense arborescence, dont le sommet, est une " racine " commune, qui, n’ayant pas de nom, est souvent notée " . ". C’est à partir de ce " . " que sont créées par l’ICANN les nouvelles extensions dont il a été précédemment question. Mais, le monopole de l’ICANN sur cette racine, est de plus en plus contesté par des acteurs économiques, qui l’accusent d’organiser la pénurie, alors qu’à priori aucun obstacle technique véritable, ne s’oppose à la création d’un nombre infini d’extensions de nom de domaine.

A défaut de pouvoir utiliser cette racine commune, des entreprises commencent à créer des " racines alternatives ", c’est-à-dire une arborescence sur un DNS propre, non connectée au DNS sur lequel repose l’internet. Pour illustration de ce phénomène nous pouvons relever l’exemple de la société " new.net " qui depuis 1997 commercialise le " .new " basé sur une racine de ce type.

Depuis peu, cette même société commercialise aussi, en autarcie complète, plus de vingt extensions de noms de domaine. Néanmoins, il est vrai, qu’un nom de domaine de ce type engendre certains inconvénients. D’une part, des noms de domaine sous une telle extension ne pourront pas servir de supports de courriers électroniques. D’autre part, à l’heure actuelle, l’utilisation d’une racine alternative, nécessite l’ajout dans le navigateur de l’internaute d’un " module d’extension " permettant d’utiliser ces nouveaux noms de domaine.

Toutefois, ceci ne constitue pas selon nous un obstacle évident au succès de l’entreprise. Ce succès repose avant tout, sur une taille critique, devant être atteinte pour que l’activité soit significative et donc prise en considération. En effet, d’une part " new.net " revendique déjà plus de 42 millions de navigateurs équipés, d’autre part il existe deux autres alternatives de développement. Ces dernières consistent, en un paramétrage de l’adresse du ou des serveurs racines alternatifs directement dans les DNS des fournisseurs d’accès Internet (EarthLink, Excite@Home, NetZero et Juno Online Services se sont déjà laissés convaincre), ou encore, il est aussi envisageable, de voir intégré, le "module d’extension" dont il a été précédemment question, par défaut, dans les navigateurs des internautes. Dans l’ambiance économique de " rapprochement " d’entreprises qui règne à l’heure actuelle, ces voies de développement, sont, selon nous, loin d’être utopiques.

Cette situation n’est pas sans engendrer un danger évident pour l’unité du réseau internet. Le risque d’une " balkanisation " de l’internet, par une division de ce dernier en une multitude de petits réseaux locaux qui ne correspondront plus entre eux, est réel, et par conséquent, ne doit pas être minimisé.

A l’adresse suivante, vous pourrez consulter, une animation en anglais, qui est certes subversive, mais présente au moins le mérite de refléter, parfaitement, les interrogations du moment sur la question : Consulter l’animation