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Est-il suffisant de relancer le fonds de soutien aux entreprises de presse en l’étendant au projets de diffusion sur l’internet ?

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par Ludovic Bottallo, le mercredi 23 mars 2005

Le décret n° 2004-1313 du 26 novembre 2004 « créant le fonds d’aide au développement des services en ligne des entreprises de presse » étend les possibilités de financement public pour des projets innovants diffusés sur l’internet en réaménageant le fonds de soutien à la presse. Le mécanisme n’est pas nouveau en la matière, puisqu’il succède au fonds « presse et multimédia » dont le fonctionnement, proche de celui institué par ce nouveau texte, fut interrompu le 1er janvier 2003. L’article 1 du décret, instituant le fonds d’aide au développement des services en ligne des entreprises de presse, précise que le fonds « a pour objet l’octroi d’avances, partiellement remboursables, à des entreprises de presse écrite pour la réalisation de projets permettant la mise à disposition du public du contenu éditorial d’un titre de presse écrite sur un support numérique, de type service en ligne ou support d’archivage remis périodiquement à jour ». L’objectif poursuivi paraît tout à fait souhaitable. En effet, dans une société démocratique, le pluralisme des idées et des courants de pensées doit être présent quelque soit le mode de diffusion. Le financement public favorise ainsi la présence, sur l’internet, de différents titres-papier qui auraient rencontré des difficultés à financer, eux-mêmes, leur présence sur la « toile ». Si on rapproche cela du programme de Recherche et d’Innovation en Audiovisuel et Multimédia (RIAM), qui constitue un moyen efficace d’aide financière aux nouvelles technologies, il apparaît qu’un cadre incitatif de l’internet-média se mette en place aujourd’hui. Toutefois, si ce soutien peut servir à inverser la tendance à la baisse du lectorat de la presse écrite, il ne faudrait pas y voir un outil économique de compensation des pertes du support-papier. En effet, les sites concernés sont pour la plupart gratuits et, il n’y a guère que les archives et les encarts publicitaires pour procurer quelques bénéfices aux entreprises éditrices. De ce fait, si le décret de 2004 est, certes, bénéfique au pluralisme de l’information, il demeure timide eu égard aux perspectives représentées par l’internet. Il est certain que l’internet a besoin de contenus pour se développer. Les contenus préexistants diffusés, par l’intermédiaire de son spectre, participent, pour une part importante, à cette fourniture. Par ailleurs, la mise à disposition du public du plus grand nombre d’informations possibles éditées en français contribue au maintien de notre langue sur l’internet, et plus globalement du français dans la sphère francophone et internationale. On peut donc souhaiter que les pouvoirs publics aillent plus loin et s’orientent vers un soutien financier pour des contenus éditoriaux originaux. Parallèlement à « la mise à disposition du public du contenu éditorial d’un titre de presse écrite sur un support numérique », il serait opportun d’établir un fonds de soutien qui participerait au développement de contenus originaux diffusés uniquement par l’internet. Ainsi, un utilisateur pourrait, par exemple, obtenir pour sa rubrique favorite davantage d’informations que sur le support-papier. L’interactivité, propre à l’internet, serait renforcée et le coût, pour ce complément d’informations, justifié. Selon nous, des financements publics relatifs aux contenus éditoriaux (presse, audiovisuel...) permettraient à l’internet de ne plus constituer un simple rediffuseur d’informations déjà communiquées par d’autres canaux, mais comme un outil culturel indépendant dont le développement relève de moyens propres. Parallèlement, ce nouvel espace sera perçu comme un véritable lieu d’échanges de biens et services culturels et informationnels inédits, justifiant une nouvelle source de bénéfices pour les entreprises éditrices.

Ludovic Bottallo