Plan du site | Mentions légales | Crédits | Espace rédacteur

Membre du comité de rédaction de la lettre du CEJEM

Nos mots-clefs

Signes distinctifs   Régulation   Au jour le jour   Droit d’auteur   Conférences et colloques   Professions   Bases de données   Vie privée   Contenu illicite   Marques   Consommateurs   Brevet   Lettre du Cejem   Contrats   Noms de domaine  

Cliquez sur un mot pour afficher la liste des articles correspondant

A Noter

Les contrats informatiques par Jérôme Huet et Nicolas Bouche

Présentation de l’éditeur L’ouvrage Les contrats informatiques vise à donner au lecteur, étudiant ou praticien, sous (...)

Droit de la communication numérique de Jérôme Huet et Emmanuel Dreyer

Présentation de l’éditeur : Le droit de la communication numérique est une discipline récente mais en pleine (...)

Télévision connectée : la toile sur le petit écran.

Mots-clefs : Régulation | Consommateurs |

par Laurence Cour, le dimanche 4 septembre 2011

Jusqu’à présent, aucune réelle convergence entre Internet et le support télévision n’existait. Des tentatives avaient été lancées, mais elles ont échoué avec l’éclatement de la bulle Internet. Si, jusqu’à présent le « petit écran » ne permettait de ne regarder que la télévision, les évolutions technologiques rapprochent aujourd’hui ces deux médias. Désormais, le téléviseur permet d’accéder au web et de créer sa propre grille de programmes.

Comme le rappelle Jean-Louis Missika, dans La fin de la télévision, « la vision technologique est certes nécessaire mais en aucun cas suffisante : elle nécessite un temps d’appropriation par les consommateurs, qui est plus long. Les conséquences socioculturelles d’une révolution technique ne sont jamais instantanées, surtout quand il s’agit d’une technologie disruptive ». La télévision connectée commence à faire son entrée dans les foyers.

L’arrivée de la télévision connectée rend les frontières de plus en plus ténues entre les différents médias. Pourtant, les offres triple play avaient déjà changé la donne, mais l’écran de télévision ne permettait pas de naviguer sur le web.

L’émergence de la télévision connectée fait naitre de nouvelles réflexions en termes de régulation, de gestion des infrastructures, ainsi qu’en termes de politique culturelle et de financement de la création.

La télévision connectée permet d’accéder à un marché de dimension plus large, international, offrant par définition un nombre de contenus théoriquement infinis, lequel dépasse largement la dimension nationale actuelle du secteur de l’audiovisuel.

Dans ce contexte, la fonction d’assemblage de la télévision tend à s’effacer pour laisser place à un hyperchoix de contenus. Si la télévision connectée se rapproche des services de médias audiovisuels à la demande, lesquels sont rattachés aux services de communication audiovisuelle, la télévision connectée peut être assimilée pour l’instant à un service de communication au public en ligne, à l’identique des services de médias audiovisuels à la demande avant la loi n°2009-258 du 5 mars 2009 relative à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision à la demande, lesquels ne faisaient l’objet d’aucune régulation par le Conseil supérieur de l’audiovisuel.

En termes de régulation, on peut s’interroger qui du CSA ou de l’Arcep contrôlera la télévision connectée, voire en cas de téléchargement illégal, l’intervention de l’Hadopi. Les acteurs de l’audiovisuel ont signé fin 2010 une charte d’auto-régulation, laquelle sera peut-être relayée par de nouvelles modalités de régulation ou de co-régulation.

Par ailleurs, le point crucial que soulève la télévision connectée est celui du financement de la production audiovisuelle et cinématographique. Deux catégories d’acteurs vont se partager l’écran : d’une part, les chaînes « classiques » et d’autre part, les acteurs de l’Internet, lesquels ne sont pas soumis aux mêmes contraintes en termes de contribution à la production audiovisuelle et cinématographique. En effet, les négociations des droits risquent d’être déséquilibrées entre des acteurs de l’Internet puissants disposant de moyens financiers largement supérieurs à ceux du secteur de l’audiovisuel.

Enfin, la télévision connectée n’est pas sans lien avec la question de la gestion des infrastructures et leur neutralité.

S’il est particulièrement souhaitable que les contenus diffusés et connectés fassent l’objet d’une même régulation, la définition d’un cadre commun ne sera pas aisée en raison de la provenance diverse des acteurs. La régulation a vocation à offrir de nouvelles réponses face à ce type de changement. Gageons que les solutions retenues soient favorables à la diversité culturelle !